Les feuilles de latanier travaillées, gravées
et encrées sont utilisées par les moines
du Laos comme support d’écriture
pour transmettre les textes sacrés.
Reliées par des cordelettes qui les transpercent,
elles forment les livres traditionnels.

Brutes, elles ressemblent étonnamment à des coups
de gouge ou de burin dans la matière.
Ce sont de gigantesques lignes d’affleurement
emplies de sensualité.
Les aspérités qui les rendent rêches,
leurs bords parfois écorchés spécifient leur ligne.
Eléments de ponctuation, elles sont intrinsèquement
tendues et vivent dans le rapprochement
ou l’éloignement qui existe entre elles.
Parenthèses elles créent la tension nécessaire
au rythme et inscrivent l’espace
où le vide devient plein,
où l’entre-deux éclot.