...J'imagine les rugissements de plaisir du vieux lion Ungaretti de voir si admirablement illustrés ses poèmes. Même si je ne rugit pas comme lui (Paulhan prétendait que ses cris de colère avaient arrêté une rame de métro à Paris) mon émerveillement vaut celui qu'il aurait éprouvé.

J'ai fait des livres avec Music, Gischia, Zao Wou Ki, Singier, Fiorini..... C'était des amis. Leurs gravures exprimaient bien un compagnonnage de leur art avec mes poèmes. Mais je n'ai jamais éprouvé comme devant votre livre la profondeur de ce rapport secret du graveur et de son imaginaire avec celui du poète...

 

Jean Lescure (lettre du 23/11/1995)